Albums québécois, cuvée 2010: quelques coups de coeur

Dresser un palmarès n’est pas simple lorsqu’on gravite sur une terre fertile où l’effervescence créatrice, la justesse des mots et la musique de qualité sont bien présents. Je suis pourtant arrivée à concocter une sélection d’albums québécois qui m’ont marquée cette année. Permettez que je ne leur attribue pas de numéro?

Voici donc, en ordre alphabétique, quelques-uns de mes coups de coeur parmi les albums québécois de l’année 2010:

12 hommes rapaillés vol. 2

Tout aussi saisissant d’intensité, tout aussi empreint de respect et de passion que le premier. Pour tout dire, je suis émue de l’impact qu’a cette aventure dans le paysage musical et poétique québécois. Les arrangements mêlent ingénieusement les sonorités et transcendent le fossé des générations. Et malgré la douzaine de teintes individuelles, il se dégage de l’ensemble une unité de ton remarquable qui colle parfaitement aux mots de Gaston Miron. La réalisation de Louis-Jean Cormier est, en ce sens, impeccable.

Anodajay Et7era

Parce que le rappeur manie les mots avec justesse, finesse et aplomb et qu’il mène une carrière plus que respectacle sans déserter son Rouyn-Noranda natal. Et parce que ce 3e album comprend, outre une foule de textes touchants et percutants, une étonnante version hip hop de «Souvent, longtemp, énormément», de la merveilleuse Diane Tell.

Chantal Archambault La romance des couteaux

Ce deuxième album country-folk est joliment réalisé par Dany Placard, avec qui la parenté est évidente. Les textes de Chantal Archambault sont touchants et accessibles, ponctués de clins d’oeil et d’humour, écris dans un langage du terroir unique et coloré.

Ève Cournoyer Tempête

J’adore le mélange de guts et de douceur qui émane de Tempête. Ève Cournoyer est l’une de nos solides représentantes de la scène indé au Québec. Sans compromis, celle qui se définit elle-même comme une chansonnière a conçu ce troisième album d’un bout à l’autre, y révélant ses tripes, son âme et sa fougue. Un disque qui sonne vrai.

Jérôme Minière Le vrai le faux

Le montréalais d’adoption raffine continuellement sa signature sonore. Tout en subtilité il créé une atmosphère limpide, un amalgame de pop-folk bien dosé. Ses mots atteignent d’intéressantes profondeurs sans jamais s’empeser, grâce au sourire en coin qui s’immisce ça et là. Du bon rythme, bien enrobé. L’équilibre: voilà ce qui s’en dégage.

Jérôme Dupuis-Cloutier Gentleman refroidi

Jérôme Dupuis-Cloutier nous propose un album étonnant, qui s’écoute tout seul et qui s’immisce avec désinvolture entre les deux oreilles. À saveur folk, l’instrumentation est inventive et variée. Les textes vont droit au but et atteignent leur cible, sans polissage excessif. Ça dépasse un peu, ça sent l’âme rebelle, c’est à la fois sensible et viril, et ça résonne efficacement.

Karkwa Les chemins de verre

Que dire, sinon que la feuille de route de Karkwa frise la perfection sur tous les plans cette année? Musicalement riche (voire grandiose), Les chemins de verre est l’album incontournable de 2010, s’il en est un: du folk rock d’une rare qualité, solide et raffiné, à la fois vertigineux et accessible. D’un disque à l’autre, le groupe évolue avec constance, telle une flèche, sans dévier d’une trajectoire qui promet sans doute encore bien des surprises.

Laurence Hélie Laurence Hélie

Mais quelle voix! Un timbre absolument unique, aérien, feutré, d’une douceur excquise. Sans réinventer le style folk, la nouvelle venue injecte à ses chansons une fort jolie touche de sensibilité et de délicatesse, avec naturel et simplicité. Désarmante et touchante, Laurence Hélie est à découvrir absolument!

Martin Léon Les Atomes

Abouti, généreux et réalisé avec maestria, Les Atomes est une oeuvre sonore atmosphérique, raffinée, envoûtante. Un grand cru. On le sent libre, Martin Léon, alors qu’il nous propose des mélodies subtiles et atypiques, aux antipodes de la recette racoleuse. Musicien inspiré et arrangeur créatif, il a su insuffler à cet album un groove qui propulse dans les hautes sphères de sa sensuelle poésie. L’ensemble est lumineux et d’une remarquable fluidité.

Misteur Valaire Golden Bombay

Le seul album majoritairement anglophone de ma sélection québécoise, mais qu’à cela ne tienne! Avec ce deuxième album-dynamite, la formation atteint des sommets en terme de groove, de rythme, de folie et d’éclatement sonore, sans oublier cette touche kitsch qui fait tout leur charme. Irrésistible, jouissif, Golden Bombay est un pur régal.

Et maintenant, trinquons à ce que 2011 nous réserve sur la planète musique!

À vous qui passez ici de temps en temps, je souhaite une année riche en découvertes et ravissements.

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2 commentaires pour Albums québécois, cuvée 2010: quelques coups de coeur

  1. mel dit :

    tu aimerais le husky! 😉

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