Martin Léon: atomique attraction

J’ai assisté à de nombreux lancements. Mais celui d’hier à La Tulipe, soulignant la sortie du 4e album de Martin Léon, Les Atomes, laissera une marque indélébile dans ma mémoire.

Devant un écran géant, vêtu d’un sarrau, muni d’une baguette et d’un verre de Cognac, Martin procède à une présentation détaillée relatant l’historique du processus de création de l’une des pièces de l’album, L’invisible. À la manière d’un prof d’université, il nous explique toutes les étapes ayant menées à la mise au monde de cette composition aérienne aux arrangements particulièrement raffinés.

L’artiste voyageur nous convie sur la route de son inspiration, à sa façon – en douceur, avec son subtil et authentique charisme, et un talent de conteur manifeste. Son récit débute avec un séjour en Asie du sud-est, avec photos et vidéos en images de fond. De la genèse d’un rythme embryonnaire, puis de l’ébauche d’une mélodie jusqu’à la version finale, il nous permet une incursion dans les multi-couches de sa chanson: projeté sur l’écran derrière lui, un fichier Pro Tools dévoile les différentes pistes de voix, d’instruments et d’effets sonores. Puis, il nous ramène sur le Plateau à Montréal, dans son studio fraîchement érigé, et nous raconte, avec humour, respect et sensibilité, l’ambiance dans laquelle se sont déroulées les sessions d’enregistrement entouré de ses musiciens et amis.

Passant du coq à l’âne et s’amusant sérieusement de théories chimiques sur la nature des atomes qui lient ensemble tout et tout le monde (tableaux et graphiques à l’appui), c’est ainsi qu’il fini par décortiquer, devant nos yeux et dans nos oreilles, tous les aspects de L’invisible, et de l’album en entier, par ricochet. Le contexte, l’inspiration, la persistance des idées et leur évolution. Même l’histoire de la création de la pochette (superbe oeuvre gravée de Jean Lambert, symbolisant le jeu, la virilité, la philosophie zen et la progression à contre-courant) nous a été racontée.

L’invisible. Je l’écoute familièrement aujourd’hui, avec l’impression d’en connaître la source intime et profonde. À chaque écoute, désormais, je recevrai cette chanson comme un cadeau privilégié.

*

Si je vous parle aujourd’hui de Martin Léon, ce n’est pas seulement parce que j’ai été charmée par l’originalité de son lancement. Mais bien parce que je crois qu’il est l’un des auteurs-compositeurs-interprètes les plus intéressants au Québec en ce moment. J’ai adoré ses albums précédents, je les écoute encore régulièrement. La soirée d’hier me confirme que l’homme en question est un musicien intègre, perfectionniste, inspiré, lucide et fin poète. Avec Les Atomes il créé, plus que jamais, un environnement sonore riche, planant, charnel. Il a su peaufiner et raffiner ses arrangements jusqu’à leur donner un groove qui nous propulse dans les hautes sphères de sa poésie toute personnelle, tantôt anecdotique et imagée, tantôt pénétrante et sensuelle. Vraiment, on parle ici d’un excellent disque: abouti, généreux, réalisé avec maestria. Lire ma critique sur Showbizz.net.

PS: Merci à mon amie Marika, à qui je dois la découverte de ce grand artiste.

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2 commentaires pour Martin Léon: atomique attraction

  1. Moukmouk dit :

    tu as bien raison, un musicien. Et c’est rare, on entend surtout ceux qui font des boites de soupe en série.

  2. Marika dit :

    Heureuse de t’avoir fait connaître l’univers de cet homme magique. Sa voix est un instrument en soi, qui accompagne, comme un murmure, comme une des pistes sonores, l’univers musical qui l’englobe. Ses chansons sont anecdotiques, poétiques, inspirantes.

    Il est devenu mon futur mari à l’écoute de Le facteur Vent, prise dans une tempête dans le Parc des Laurentides, il y a quelques années. Il m’a accompagnée dans ce tourbillon, bercée de ses paroles, guidée dans la tempête en mesurant effectivement le facteur vent. C’est souvent une blague que je fais en le surnommant mon futur mari, mais il ne sait pas à quel point sa musique et sa voix m’ont protégée. Je suis liée à lui, malgré moi, par le facteur vent, et maintenant, par les atomes…

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