Vie de chalet

Plusieurs s’étonnent de mon assiduité à me rendre au Lac-Saint-Jean TOUS les weekends de l’été sans exception. Pourtant, en ce qui me concerne, la question ne se pose même pas. Si j’ai eu la chance inouïe de ne pas travailler au cours des 7 derniers étés, ce n’est pas le cas cette année. Or, il se trouve que mon chum et moi possédons, sur la rive nord-est du Lac-Saint-Jean, cette petite grande parcelle de plage paradisiaque – le mot n’est pas trop fort, je vous assure. Voyez plutôt…   J’aime vivre en milieu urbain, je ne saurais m’en passer, et j’adooooore particulièrement Montréal. Mais ici, sur ma plage soyeuse et déserte, c’est l’équivalent d’être en retraite au bord de la mer. Un ami en visite me disait, la semaine dernière, alors qu’il faisait un temps chaud et radieux: «C’est comme à Cuba, sauf qu’on voit des sapins pis des boulots à ‘place des palmiers.» On rit ben, mais le plus drôle, c’est qu’il a raison!

Les fins de semaine au chalet me permettent d’apprécier le contraste d’avec la vie en ville. Je réalise que tout oppose mes deux vies! C’est un peu ce qui s’appelle avoir le beurre et l’argent du beurre, si vous voulez mon avis.

Une journée au chalet semble offrir beaucoup plus d’heures à notre disposition, qu’une journée en ville. Pourquoi? Parce que les pertes de temps y sont inexistantes. Pas de trafic, pas de demi-heure passée à se rendre d’un point A à un point B en vélo, en voiture ou en métro, pas de temps passé à se laver, se coiffer ou se maquiller (car oui, je l’avoue sans honte: ici, je me baigne dans le lac et ne me douche que rarement). Au chalet, les amis et la famille débarquent à tout moment (on les comprend!), mais nous n’avons pas à nous rendre à eux. En ville, je me sens constamment sollicitée par un événement auquel je veux assister, pas un truc à acheter, par quelque chose à faire ou par quelqu’un à aller voir – et par ailleurs, c’est exactement ce qui fait que j’adore la ville! Au chalet, c’est complètement l’inverse.

***

Voici à quoi a ressemblé ma journée d’aujourd’hui:

  • fait la grasse matinée
  • bu un café sur le cap de roche au bord de l’eau
  • concocté une omelette pour mes invités
  • remué le popotin 15 minutes grâce à mon hoola-hoop grand format
  • donné une première couche de teinture sur les marches du patio
  • joué un peu de guitare
  • fait la siesta dans le hamac
  • désinfecté au vinaigre et ensuite huilé mon étal de bois dans la cuisine
  • monté une tente pour qu’y jouent les enfants
  • préparé des tapas pour la gang, que l’on a dégusté tranquillement sur la plage en sirotant une bière
  • donné une 2e couche de teinture sur les marches du patio
  • photographié quelques moments d’éternité
  • joué une partie de Scrabble dans le gazébo (seule et unique activité intellectuelle de la fin de semaine, en excluant la rédaction du présent billet!)

Et il n’est que… 16h!

Ce soir, après un copieux souper bien arrosé, nous ferons, comme à l’habitude, un feu de camp sur la plage. Les enfants feront griller des guimauves. Les adultes boiront de la bière, du vin ou des mojitos.  J’aurais aimé pouvoir lire un peu, mais finalement je n’ai pas eu le temps. Et c’est tant mieux, tout compte fait. Mon travail implique que je doive lire journaux, magazines et sites web des heures durant. En ville, mon iPhone est littéralement devenu l’extension de ma main. Adepte des médias sociaux, j’y passe un temps fou à lire ce que mon réseau me propose, et à moi-même partager mes trouvailles. Mais aujourd’hui, je n’ai pas twitté une seule fois, et je n’ai pas regardé mes courriels. J’ai à peine glané sur Internet, juste le temps d’y lire un article du Devoir et d’ajouter des photos de mon petit paradis sur Facebook, histoire de partager en photo ces beaux moments d’été.

Que de soirées paisibles ainsi passées à la belle étoile, à comparer les ciels au gré des cycles lunaires et du taux d’humidité dans l’atmosphère. Que de journées au grand air pour mes filles libres comme le vent, à aller et venir chez les voisins, sans télé ni jeu électronique, sans cours de danse ou de natation, sans visite au terrain de jeu, sans stimulation intellectuelle autre que de jouer aux cartes ou au Skip-Bo! Elles ont la peau basanée, les mèches blondes, les yeux brillants, l’humeur égale et dorment chaque nuit à poing fermé. Elles s’éclatent dans le lac, observent les grenouilles et les sauterelles qu’elles capturent avant de les relâcher dans la nature, elles se couchent et se lèvent à l’heure qui leur plaît, et parfois, il leur arrive même de n’avoir rien à faire… et d’aimer ça!

Je les regarde s’épanouir en toute liberté telles de jolies fleurs au soleil, et je sais qu’elles emmagasinent ici, été après été, plusieurs des plus beaux souvenirs de leur vie.

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3 commentaires pour Vie de chalet

  1. Moukmouk dit :

    les québécois vivent avec une racine amérindienne qui les obligent à retourner périodiquement sur le bord d’un lac, dans la forêt. Nous restons des sauvages (de sylvia=forêt) heureusement!

  2. grincheuse dit :

    Marie-Pierre, tes mots et tes clichés sont délicieux. J’hésite à nommer le paradoxe en ce récit car il s’agit peut-être d’une histoire yin/yang, si tu vois ce que je veux dire… J’ai aussi mon pied à terre à Montréal mais passe beaucoup de temps à la campagne. L’un et l’autre me font un bien fou ! Peut-être faut-il avoir le beurre et l’argent du beurre ? Est-ce là le secret du bonheur ? Je cherche encore… mais avoue franchement me reconnaître un peu dans ce billet qui est joyeusement bien écrit 🙂

  3. Nadine dit :

    Merci de partager. Il est beau ton coin de paradis.

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