Debout sur le plongeon (dit-elle, en prenant une grande respiration)

Il y a exactement deux ans, je me suis lancée dans l’écriture d’un roman. Une histoire qui germait dans le recoin à projets depuis déjà un bon moment, et qui a senti le besoin d’éclore sans crier gare. Les conditions pour écrire étaient idéales: mon emploi du temps s’y prêtait à merveilles; la situation familiale était au beau fixe, paisible; je me trouvais dans un état d’esprit flottant, curieusement libre; et puis, j’en avais follement envie! J’étais mûre pour l’aventure. J’ai plongé!

Les mots coulaient, jaillissaient sans retenue, je nageais dans la rédaction avec ivresse, complètement immergée. Focus, confiante, euphorique. C’était beau à voir et bon à vivre! Entre les (innombrables) responsabilités familiales, les cours universitaires, les vacances, la vie sociale et le yoga, ces heures passées à jouer les romancières goûtaient davantage la récréation que le devoir.

Dix mois et une centaine de pages plus tard, la situation a subitement changé. La stabilité réconfortante sans laquelle ma famille baignait s’est muée en période mouvementée. Oh, rien de grave! Je n’ai pas eu à composer avec une tragédie ni même un drame, mais il a néanmoins fallu brusquement reléguer la quiétude et l’inspiration au second plan – que dis-je? – au bas de la liste des priorités!

Pour faire une histoire courte: (1) planifier un déménagement de Vancouver à Montréal (incluant la liquidation massive de tous les biens matériels de ma maisonnée), puis (2) effectuer la traversée migratoire, pour ensuite (3) s’adapter à un nouvel environnement – tout ça avec deux enfants en âge de sentir la perturbation sans toutefois être assez âgés pour la vivre avec maturité. Bon, chacun vit ses petites tempêtes à sa façon, et je ne peux pas parler pour les autres, mais en ce qui me concerne, ce retour au Québec après plusieurs années vécues au BC a complètement gelé ma disponibilité créatrice. Freeeeeeeze!

Un tel déménagement, ça exige qu’il faille garder la tête froide, ça requiert une grande maîtrise de soi (et des autres!), ça nécessite temps et argent, ça mobilise surtout les facultés cartésiennes, ça suce du jus et ça vide toutes les réserves d’énergie.  Dans mon cas, ça a aussi, parfois, engendré quelques pertes de contrôles émotifs… Bon, voilà pour la petite histoire; parce la version longue, je vous l’épargne volontiers…

C’était il y a un peu plus d’un an. J’ai beaucoup travaillé en arrivant à Montréal. Pendant des mois, j’ai bossé comme une folle, je n’ai pas eu une minute à moi. Mais aujourd’hui, je pense pouvoir dire que la poussière est retombée. Le calme se réinstalle dans ma famille, et la paix dans mon esprit. Et ce, bien que déjà s’empare de moi la nostalgie de cette ville côtière que j’ai laissé derrière.  Mais je m’égare! Je disais donc que mon roman, j’ai dû le laisser en plan. Et maintenant, je reprends là où j’ai laissé. Avec des idées (à épurer), de l’inspiration (à canaliser), un plan (à réajuster), et beaucoup de motivation (à entretenir).

À go, je plonge.

1… 2… 3… …

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8 commentaires pour Debout sur le plongeon (dit-elle, en prenant une grande respiration)

  1. Il faut saisir ces «momentum», ils sont si rares… et précieux! Bien hâte de lire ça! Go, go, go! 🙂

  2. Janick Valois dit :

    Tu écris si bien ma belle Marie-Pierre, ce sera magnifique ce roman.
    je te souhaite toute l’inspiration du monde.

  3. Vous me faites plaisir les filles. Merci de vos encouragements enthousiastes. J’ai la trouille, parce que l’eau a coulé sous les ponts, et qu’en relisant mes chapitres avec un peu de recul, je veux déjà tout modifier! C’est normal, je suppose…
    Je dois tourner mon regard vers l’intérieur, et me laisser aller. Car je sais qu’une fois au coeur de l’aventure, le plaisir d’écrire sera délectable.

    Votre support me gonfle à bloc!

  4. Mélanie Thivierge dit :

    Go, go, go! Je t’appuie, te soutiens, t’encourage. De tout coeur avec toi dans ta pulsion créatrice.
    Au plaisir!

  5. Julie dit :

    Ce que tu décris, c’est en plein dans le ton de mon dernier billet.
    Le vertige, c’est signe que c’est important pour nous et que les résultats nous tiennent à cœur. Je t’encourage à fonds. Je suis certaine que tu ne le regrettera pas!

  6. Le labeur n’est jamais terminé. Ne lâche surtout pas. 🙂

  7. Nancy_BP dit :

    Je t’encourage à 100% étant dans l’exacte même situation. Saisi le momentum !

  8. Moukmouk dit :

    fonce, et n’oublie pas qu,avant la troisième rédaction c,est bien rare de finir un roman. C’est le boulot le moins payant qui existe. Mais est-ce qu’on écrit parce qu’on aime ou bien parce qu’il est impossible de faire autrement ?

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